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    Accueil ¤ Littérature française

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    Art comme procédé (l')

    Chklovski, Victor

    Éditions Allia

    ISBN 9782844852670

    6,10 €  Ajouter au panier

    « Texte fondamental du « formalisme » russe, L’Art comme procédé récuse la dichotomie de la forme et du fond. Chklovski propose une définition de l’art, auquel il associe les finalités du langage poétique : « Le but de l’art est de délivrer une sensation de l’objet, comme vision, et non comme identification de quelque chose de connu. » Renversant l’idée soutenue notamment par le mouvement symboliste selon laquelle « l’art est avant tout créateur de symboles », il distingue deux types de langage, le prosaïque et le poétique. Le premier implique un processus de reconnaissance par schématisation, par la codification que permet l’usage des symboles. De celui-ci découle une forme d’aliénation, inhérente à toute pratique routinière dont la fonction est l’usage quotidien et économique. Pour éviter cet écueil, il introduit la notion d’« étrangisation » et développe l’idée de l’art comme procédé de lutte contre l’usure des mots et l’automatisation. Ce procédé consiste à évoquer une chose et oblige le lecteur à découvrir et redécouvrir une idée parlant d’une autre connue par l’attention portée à des images lui correspondant. Ainsi fait-il place à un langage subversif et offre-t-il une vision complexe et désaliénée des pratiques d’écriture.
    Pour étayer sa démonstration, Chklovski convoque deux sources d’exemples apparemment peu compatibles : la littérature russe classique (Gogol, Pouchkine et surtout Tolstoï) et « l’art érotique ». Dans ce processus de restauration de l’érotisme populaire, de synthétisation de l’ensemble du domaine poétique, le formalisme prolonge les pratiques néo-primitivistes et futuristes. Il s’appuie également sur les recherches avancées de l’école anthropologique russe, laquelle avait démontré l’importance de la création populaire. La pensée de Chklovski entre en résonance avec des réflexions qui se développeront ensuite dans le siècle : les textes de Deleuze sur le montage cinématographique en tant qu’opération de pensée, la réflexion d’Agamben sur le statut des images, Klemperer et sa définition d’une langue officielle : lti, la langue du troisième Reich.
    Cette nouvelle traduction de L’Art comme procédé entend mettre en relief les aspects majeurs de l’œuvre. Tous les textes russes, cités par Chklovski, ont été entièrement retraduits. De nombreuses notes du traducteur permettent de se faire une idée de l’éventail des sources utilisées par Chklovski. Elles mettent également en lumière l’importance de la démarche anthropologique qui prélude au formalisme. »
    Librairie Le Liseur - 4 place du Maréchal Leclerc - 02400 Château-Thierry - Tél. : +33 (0)3 23 83 77 77