« A quel envoûtement obéit un jeune Suisse bien né, sur le berceau duquel les fées se sont penchées pour « prendre la route » à 24 ans, ses diplômes en poche, en Fiat Topolino, mais sans un sou vaillant et pour un aller simple ? On s'en va, écrira-t-il, « pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels... Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu'on a vu ? »
Mission accomplie. Nicolas Bouvier a payé sa livre de chair et bien au-delà, et son écriture fait de nous des visionnaires par procuration auxquels il arrache « des râles de plaisir ». »