
« Les choses s‘étaient passées ainsi :
L’homme s’était embarqué d’un aéroport italien, car tout commençait en Italie, et que ce fût Milan ou Rome était secondaire, l’important est qu’il s’agissait d’un aéroport italien qui permettait de prendre un vol direct pour Athènes, et de là, après une brève halte, une correspondance pour la Crète avec l’Aegean Airlines, parce que de cela il était sûr, que l’homme avait voyagé avec l’Aegean Airlines, il avait donc pris en Italie un avion qui lui offrait une correspondance d’Athènes pour la Crète vers les deux heures de l’après-midi, il avait consulté tout cela sur l’horaire de la compagnie grecque, ce qui signifie qu’il était arrivé en Crète vers trois heures et demie de l’après-midi. L’aéroport de départ a de toute façon une importance toute relative dans l’histoire de celui qui avait vécu cette histoire, c’est un matin d’une quelconque journée de fin avril deux mille huit, une journée splendide, presque estivale. Ce qui n’est pas un détail insignifiant parce que l’homme sur le point de prendre l’avion, méticuleux comme il était, donnait beaucoup d’importance au temps et suivait un canal satellite dédié à la météo de toute la planète, et le temps, avait-il vu, était vraiment splendide en Crète : vingt-neuf degrés dans la journée, ciel dégagé, humidité dans les normes saisonnières, un temps de mer vraiment adapté à la détente sur une de ces plages blanches dont parlait le guide, se plonger dans la mer bleue et jouir de vacances méritées. Parce que c’était aussi la raison du voyage de l’homme qui était sur le point de vivre cette histoire : des vacances. Et c’est en effet ce qu’il pensa, assis dans la salle d’attente des vols internationaux de Roma-Fiumicino, en attendant que le haut-parleur fasse l’appel de l’embarquement pour Athènes. »